Le LDDS rapporte 1,70 % net depuis le 1er août 2026, le même taux que le Livret A. Ses versements sont plafonnés à 12 000 € par personne, et ses intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Il s’ouvre dans la plupart des banques à partir de 10 €, à condition d’être majeur et d’avoir son domicile fiscal en France, et les fonds restent disponibles à tout moment. Le rendement effectif dépend ensuite de quelques détails : la date de vos virements au regard de la règle des quinzaines, le statut fiscal de l’organisme auquel vous donnez, le sort du livret en cas d’expatriation ou de décès. Une erreur sur l’un de ces points coûte des intérêts ou une réduction d’impôt.
En bref
- 12 000 € au plafond rapportent 204 € par an à 1,70 %, soit 8,50 € par quinzaine.
- Versez le 15 ou le dernier jour du mois, retirez le 1er ou le 16 : aucune quinzaine perdue.
- Pas de transfert entre banques : il faut clôturer l’ancien livret avant d’en ouvrir un nouveau.
- Le don annuel depuis le livret ouvre droit à 66 % ou 75 % de réduction d’impôt, uniquement si l’organisme délivre un reçu fiscal.
Dans le même guide : Fiches des livrets d’épargne réglementés · Comment ouvrir un livret A : étapes et versement minimum
Le fonctionnement du LDDS en bref : taux, plafond et fiscalité
Le LDDS est un livret d’épargne réglementé : l’État fixe son taux, son plafond et sa fiscalité, identiques dans toutes les banques. Le taux suit celui du Livret A. Il est révisé le 1er février et le 1er août, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, à partir de l’inflation hors tabac publiée par l’INSEE et du taux interbancaire €STR. Fixé à 1,50 % en février, il est remonté à 1,70 % par l’arrêté du 28 juillet 2026.
| Caractéristique | Règle |
|---|---|
| Taux net | 1,70 % |
| Révision | 1er février et 1er août |
| Plafond de versements | 12 000 € hors intérêts |
| Versement initial | souvent 10 € (aucun minimum légal) |
| Fiscalité | 0 % d’impôt, 0 % de prélèvements sociaux |
| Détention | 1 par personne, 2 par foyer fiscal |
| Garantie FGDR | jusqu’à 100 000 € par établissement |
Le plafond de 12 000 € limite vos versements, pas le solde : les intérêts capitalisés chaque 31 décembre peuvent le dépasser et produisent à leur tour des intérêts. Un livret bancaire affiché à 2 % brut ne laisse que 1,37 % net après le PFU de 31,4 %. Le LDDS n’apparaît pas sur la déclaration de revenus. Nos fiches des livrets d’épargne réglementés permettent de le comparer aux autres livrets.
Ouvrir un LDDS : conditions et démarches
Qui peut ouvrir un LDDS (mineurs, couples, expatriés)
L’article L221-27 du Code monétaire et financier réserve le LDDS aux personnes physiques ayant leur domicile fiscal en France. Chaque personne ne peut détenir qu’un seul LDDS, et chaque foyer fiscal deux au maximum : dans un couple marié ou pacsé, chacun ouvre le sien, car le compte joint est exclu. Avant toute ouverture, la banque interroge le fichier Ficoba pour détecter une double détention. Un mineur n’y accède que s’il perçoit des revenus personnels et fait l’objet d’une imposition séparée. Pour un enfant, le Livret A s’ouvre sans condition d’âge : consultez les étapes pour ouvrir un Livret A.
L’expatriation divise les établissements. La loi conditionne l’ouverture au domicile fiscal, mais elle ne précise pas clairement le sort d’un livret déjà ouvert. BoursoBank laisse un client devenu non-résident conserver et utiliser son LDDS. La clôture devient alors obligatoire seulement en cas d’installation dans un État ou territoire non coopératif. D’autres banques exigent la fermeture dès le départ, tout comme de nombreux conseils en mobilité internationale. Dans les dossiers d’expatriation que j’accompagne, j’obtiens une réponse écrite de la banque avant le départ et je suspends les versements en attendant. Vérifiez aussi que vous quittez réellement le domicile fiscal français : selon l’article 4 B du Code général des impôts, un foyer resté en France suffit à le maintenir. Il en va de même si le centre de vos intérêts économiques reste en France. À votre retour, rien ne vous empêche de rouvrir un LDDS, et votre Livret A peut être conservé pendant toute l’expatriation.
Les étapes d’ouverture en ligne ou en agence
La banque demande une pièce d’identité, un justificatif de domicile et souvent un justificatif fiscal. Le parcours se déroule en trois temps :
- signer la demande en attestant ne détenir aucun autre LDDS ;
- effectuer le versement initial de 10 € ou 15 €, selon l’établissement ;
- programmer un virement permanent, y compris depuis un compte tenu dans une autre banque, ce qui est possible depuis le 1er janvier 2023.
BoursoBank, Hello bank et Monabanq distribuent le LDDS en ligne. N26 et Revolut ne le proposent pas.
Alimenter son LDDS et tirer parti de la règle des quinzaines
La règle des quinzaines découpe chaque mois en deux périodes : du 1er au 15, puis du 16 au dernier jour. Une somme versée entre le 1er et le 15 rapporte à partir du 16. Versée entre le 16 et la fin du mois, elle rapporte à partir du 1er du mois suivant. Un retrait suit la logique inverse : effectué entre le 1er et le 15, il cesse de rapporter dès le 1er ; effectué à partir du 16, il cesse de rapporter dès le 16.
Au taux de 1,70 %, un livret plein rapporte 204 € par an, soit 8,50 € par quinzaine. Un virement de 3 000 € exécuté le 16 ne commence à rapporter que le 1er du mois suivant, soit une quinzaine perdue, environ 2,13 €.
| Opération | Date optimale | Effet |
|---|---|---|
| Versement | 15 ou dernier jour du mois | intérêts dès le lendemain |
| Retrait | 1er ou 16 | quinzaine écoulée rémunérée |
| Virement permanent | 14 ou 28 | marge pour la date de valeur |
Sur les virements venant d’une autre banque, je constate souvent un jour ouvré de décalage dans la date de valeur : prévoyez cette marge. Vous pouvez aussi alimenter le livret par chèque ou en espèces au guichet.
Où va l’argent du LDDS : centralisation, banques et projets financés
Selon la Caisse des Dépôts, son Fonds d’épargne centralise 60 % des encours du Livret A et du LDDS. Le LDDS totalisait à lui seul 165,6 milliards d’euros, répartis sur 26,3 millions de comptes, fin 2025. Près de la moitié de la part centralisée finance des prêts de long terme pour construire ou rénover des logements sociaux, ainsi que des équipements des collectivités. Un ratio de prudence encadre ces prêts : pour 125 € déposés, 100 € au plus vont au logement social. Le reste alimente des portefeuilles financiers qui garantissent la restitution des fonds aux banques.
Les 40 % conservés par les banques sont soumis à des obligations d’emploi. Un texte réglementaire les oriente vers le financement des PME et de la transition énergétique ou de la réduction de l’empreinte climatique. En contrepartie de la collecte, les banques perçoivent une commission. Vous ne choisissez pas le projet financé par vos dépôts : le seul fléchage direct à votre main passe par le don.
Faire un don solidaire depuis son LDDS, pas à pas
Depuis le 1er octobre 2020, en application de la loi Sapin II et du décret n°2019-1297 du 4 décembre 2019, vous pouvez donner tout ou partie de vos intérêts ou de votre capital à une structure de l’économie sociale et solidaire. Le don part directement du livret, sans frais. Chaque banque publie une liste annuelle d’au moins dix bénéficiaires, choisis dans le référentiel du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (CRESS). La démarche se déroule en trois étapes :
- ouvrir la rubrique dédiée de l’espace client ou contacter votre conseiller ;
- sélectionner un ou plusieurs bénéficiaires dans la liste de l’année ;
- fixer le montant, puis valider.
Vous ne pouvez faire un don depuis votre LDDS qu’une fois par an. Un don pris sur le capital fait baisser le solde, ce qui vous redonne de la marge pour reverser jusqu’à 12 000 €.
Réduction d’impôt : 66 % ou 75 % selon l’organisme choisi
La loi Coluche porte la réduction d’impôt sur le revenu à 75 % pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté, dans la limite de 1 000 € de dons, un plafond maintenu pour 2025 et 2026. Au-delà de ce montant, et pour les autres organismes d’intérêt général, le taux est de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable. L’excédent se reporte sur les cinq années suivantes. Si vous donnez 204 € d’intérêts à un organisme à 66 %, vous récupérez 134,64 € d’impôt, soit un coût net de 69,36 €.
L’erreur que je rencontre le plus souvent concerne le reçu fiscal : seul un organisme habilité peut en délivrer un. Une coopérative ou une société commerciale de l’ESS figurant dans la liste n’en émet généralement pas. Dans ce cas, le don ne donne droit à aucune réduction. Le bénéficiaire envoie le reçu au début de l’année suivante. Vous reportez alors le montant réellement versé en case 7UD (75 %) ou 7UF (66 %), sans calculer vous-même la réduction, et vous conservez le justificatif.
Retirer, clôturer ou changer de banque
Pour retirer de l’argent, faites un virement vers votre compte courant : il est instantané si les deux comptes sont dans la même banque, et il se fait sans frais ni préavis. Certaines banques fournissent aussi une carte de retrait. La clôture se demande par courrier, souvent recommandé, en indiquant vos identifiants et le numéro du livret. Les intérêts courus sont versés avec le solde. Le transfert entre banques est impossible depuis 2012. Pour changer de banque, clôturez d’abord l’ancien livret : la vérification Ficoba empêche d’en ouvrir un nouveau tant que le premier reste actif. Fixez la date de clôture au 1er ou au 16 du mois pour ne pas perdre une quinzaine d’intérêts.
Au décès du titulaire, le LDDS ne se transmet pas : c’est un livret personnel, qui ne peut pas passer au nom du conjoint ou d’un héritier. Dès réception de l’acte de décès, la banque bloque le livret puis le clôture. Les intérêts acquis jusqu’à cette date s’ajoutent au solde, qui entre dans la succession. Les fonds sont versés au notaire ou aux héritiers, sur justification de leur qualité. Aucun délai fixe ne s’applique : le déblocage dépend de l’avancement de la succession. Si le conjoint survivant n’a pas encore de LDDS, il peut en ouvrir un pour y placer sa part.
FAQ
Est-ce que l’argent du LDDS est bloqué ?
Non. Les fonds restent disponibles immédiatement, sans préavis ni pénalité, par virement ou, dans certaines banques, par carte de retrait. Seule la règle des quinzaines influence le rendement : un retrait le 15 fait perdre la quinzaine en cours, alors qu’un retrait le 16 la conserve. Le livret n’est bloqué qu’au décès du titulaire, le temps de régler la succession.
Quel est le plafond du LDDS et peut-on le dépasser ?
Les versements sont plafonnés à 12 000 € dans toutes les banques, y compris La Banque Postale. Le solde peut dépasser ce montant grâce à la capitalisation des intérêts : un livret plein affiche 12 204 € après une année complète à 1,70 %. Après un retrait, vous ne pouvez reverser que jusqu’à 12 000 € de solde. Si vous retirez 500 € d’un livret à 12 204 €, vous ne pourrez donc reverser que 296 €.
Quel est l’intérêt d’un LDDS par rapport à un livret bancaire classique ?
Le LDDS rapporte 1,70 % net d’impôts. Un livret non réglementé subit le PFU de 31,4 % : pour égaler le LDDS, il lui faut un taux brut d’environ 2,48 %. Les offres promotionnelles dépassent parfois ce niveau, mais seulement pendant quelques mois. Méfiez-vous des taux anormalement élevés proposés hors des banques agréées : voici comment repérer les arnaques aux livrets d’épargne.
Peut-on détenir un LDDS et un Livret A en même temps ?
Oui, les deux se cumulent : 22 950 € sur le Livret A et 12 000 € sur le LDDS, soit 34 950 € d’épargne de précaution défiscalisée par personne, et 69 900 € pour un couple. Ils ont le même taux et le même calcul par quinzaine. Si vous n’en avez qu’un, ouvrez le second dans la banque de votre compte courant et programmez un virement le 15 de chaque mois.
Diplômé d’un Master Banque & Finance (Université Paris-Dauphine, 2008). 7 ans en tant que conseiller clientèle patrimoniale chez BNP Paribas, puis 4 ans responsable de l’offre épargne digitale dans une banque en ligne. Titulaire de la certification AMF et du DU Gestion de Patrimoine de l’Université Clermont-Auvergne. A lancé ComparaLivrets en 2009 comme projet personnel pour aider les épargnants à décrypter les offres promotionnelles des super livrets, à une époque où les comparateurs indépendants étaient rares. Intervenant ponctuel sur BFM Business et contributeur pour Le Revenu. Depuis 2023, se consacre à plein temps à ComparaLivrets pour couvrir l’ensemble de l’épargne garantie en France.



