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Comment consulter les listes noires de l’AMF avant de placer son argent

Par Mathieu Delaroche

Publié le
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7 min

Mis à jour le

Investisseur vérifiant la liste noire AMF sur un ordinateur avant de placer son épargne

La liste noire de l’AMF recense les sites et entités non autorisés à proposer en France du Forex, des options binaires, des placements en biens divers ou des produits dérivés sur crypto-actifs. Y figurer signe une offre illégale, ne pas y figurer ne garantit rien, car cette liste reste non exhaustive. La vérification sérieuse se fait en deux temps : chercher le site dans les listes noires, puis contrôler l’agrément dans le registre adapté. Les erreurs de saisie, les clones de sociétés agréées et les faux services de récupération piègent les épargnants à chacune de ces étapes.

En bref

  • Saisissez l’adresse sans « https » ni « www », sans espace avant ou après.
  • Site absent : Regafi avec la raison sociale, ORIAS pour un CIF, liste blanche des PSCA pour les crypto-actifs.
  • Une seule lettre de différence dans le nom ou le domaine suffit à fabriquer un clone.
  • Aucun organisme légitime ne facture le déblocage de gains ou la récupération de fonds.

Ce que recensent les listes noires de l’AMF, et ce qu’elles ne disent pas

L’AMF tient, avec l’ACPR, quatre familles de listes : investissements sur le Forex, options binaires, biens divers (or, vin, diamants, placements verts) et produits dérivés sur crypto-actifs. Ces offres reposent souvent sur un effet de levier capable de faire perdre plus que la mise. Chaque inscription vise un site repéré en train de démarcher des clients français sans autorisation. Un escroc ouvre pourtant un nouveau domaine en quelques heures, et l’inscription n’intervient qu’après détection. Selon Le Figaro, l’AMF et l’ACPR avaient ajouté entre le 1er janvier et le 22 octobre 2024 37 sites côté Forex et autant côté dérivés sur crypto-actifs. Les mises en garde de l’AMF, publiées séparément, complètent ce suivi.

Rechercher un site ou une adresse mail pas à pas

Sur le site de l’AMF et AMF Protect Epargne

Sur AMF Protect Epargne, les listes sont rangées par catégorie puis par ordre alphabétique, avec une entrée « 0-9 » pour les noms commençant par un chiffre. Tapez le nom de domaine seul : pour https://www.nomdusite.com, saisissez « nomdusite » ou « nomdusite.com ». Un préfixe « www » ou un espace parasite suffit à rater la correspondance. Pour un mail, cherchez la partie située après l’arobase, car les escrocs changent de pseudonyme plus vite que de domaine.

Sur l’outil ABE Infoservice : filtres, dates et export CSV

L’outil commun ACPR-AMF d’ABE Infoservice fonctionne avec le champ « URL/mail » ; le champ « Dénomination » reste facultatif. Ses autres fonctions :

  • filtre par catégorie, en cochant chaque sous-rubrique des biens divers pour toutes les obtenir ;
  • filtre « avant le », « après le » ou « entre deux dates » ;
  • export intégral en CSV via « télécharger les listes noires », ou des résultats en PDF tant que leur nombre reste raisonnable.

Réinitialisez la recherche avant chaque nouvelle requête.

Site absent de la liste : vérifier Regafi, l’ORIAS et la liste blanche des PSCA

Relevez la raison sociale dans les mentions légales, puis cherchez-la sur Regafi : le nom affiché n’est souvent qu’une marque. Pour un conseiller en investissements financiers, l’ORIAS doit afficher « INSCRIT » face à la catégorie CIF.

Type d’offreRegistre à consulter
Courtier, Forex, CFDRegafi (prestataire de services d’investissement)
Conseil en placementORIAS, catégorie CIF
Crypto-actifsListe blanche des PSCA
Fonds, sicavBase GECO
Démarchage bancaire ou financierCarte de démarchage et établissement mandant

Côté crypto, la loi PACTE du 22 mai 2019 avait créé le statut français de PSAN. Le règlement européen MiCA (UE 2023/1114) impose désormais un agrément PSCA, assorti d’un passeport valable dans toute l’Union, après une période transitoire de 18 mois accordée aux anciens PSAN. Dans les dossiers que j’examine, l’argument « enregistré PSAN » revient encore. Seule compte la présence sur la liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs, qui inclut les acteurs agréés dans un autre pays européen.

Repérer les clones de sociétés autorisées

L’escroc copie la raison sociale d’une société réellement agréée, son numéro d’agrément, parfois l’adresse de son siège, puis vous invite lui-même à consulter Regafi. La recherche aboutit et la confiance s’installe. L’écart tient à une lettre doublée, un tiret ajouté, une extension .com au lieu de .fr. Avant tout virement, contrôlez :

  • le domaine du site et des mails, caractère par caractère, face à celui de l’établissement inscrit ;
  • le numéro de téléphone, à retrouver par vos propres moyens avant de rappeler ;
  • le titulaire de l’IBAN, qui doit porter le nom de la société agréée ;
  • l’activité réelle de la société copiée, qui ne propose souvent pas le placement vanté.

Les autorités sont elles aussi imitées. AMF Protect Epargne a signalé des sites reprenant le nom et le logo de l’AMF pour collecter pièces d’identité et RIB, ou réclamer des taxes. Une usurpation d’identité d’une société agréée échappe aux listes noires tant que le clone n’a pas été détecté. Le même procédé sert aux faux livrets à taux boosté : voyez comment reconnaître une fausse offre de livret à rendement élevé.

Déjà investi sur un site douteux : les bons réflexes

Ne versez plus un euro, même si votre tableau de bord affiche des gains spectaculaires. Une demande de frais, de taxe ou de caution pour débloquer un retrait signe l’escroquerie. Une seconde vague suit souvent : faux avocat, faux agent de l’AMF ou « service de recouvrement » promettant de récupérer vos fonds contre paiement, parfois issu du même réseau. Les démarches utiles :

  • conserver captures d’écran, mails, numéros et relevés de virement ;
  • prévenir votre banque sans attendre pour tenter un rappel de fonds ;
  • signaler le site à l’AMF (01 53 45 62 00, du lundi au vendredi, 9 h-17 h) et la publicité à Signal Conso, la DGCCRF pouvant infliger jusqu’à 100 000 € d’amende ;
  • porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie.

Franceinfo estime à 500 millions d’euros les sommes détournées chaque année vers l’étranger par ces arnaques. Le dépôt de plainte, même sans garantie de remboursement, conditionne toute action ultérieure auprès de votre banque. Pour vos prochains placements, gardez en tête les réflexes contre les arnaques aux livrets d’épargne.

FAQ

Un site absent de la liste noire de l’AMF est-il forcément fiable ?

Non. L’inscription suit la détection, et un site frauduleux peut changer d’adresse avant d’être repéré. Un courtier qui met en avant son absence de la liste noire avance un argument sans valeur. Seule une inscription sur Regafi, à l’ORIAS ou sur la liste blanche des PSCA atteste d’une autorisation, à condition que le domaine corresponde bien à la société inscrite.

Comment savoir si une plateforme de crypto-monnaies est autorisée par l’AMF ?

Consultez la liste blanche des PSCA publiée par l’AMF : elle recense les prestataires agréés en France ou dans un autre pays de l’Union et autorisés à servir des clients français. Comparez ensuite le nom de domaine de la plateforme avec celui de l’entité inscrite. Pour des dérivés sur crypto-actifs avec effet de levier, le prestataire doit aussi figurer sur Regafi.

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